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8. Appeler un chat, un chat...

Puisque nous sommes en pleine période de nidification il est important de parler d’un danger qui menace les oiseaux et particulièrement ceux de nos jardins.
Sujet délicat à aborder parce qu’il touche d’autres animaux auxquels beaucoup d’entre nous sont très attachés mais qu’il est bon de remettre à leur juste place dans leurs rapports à la nature.
Il n’est, en effet, pas toujours facile de l’accepter mais nos chats et, dans une moindre mesure, nos chiens peuvent représenter de grands dangers pour les oiseaux.

Les chats 


Le problème majeur avec les chats c’est que l’on considère généralement qu’ils ont le droit de se promener où et quand bon leur semble et cet état de fait parait tellement normal que bien rares sont les propriétaires de chats à penser aux conséquences.
Or, les chats sont des animaux fondamentalement carnivores avec, pour la plupart, un instinct de chasse très marqué. Ils sont, de surcroit, d’activité plutôt nocturne, ce qui aggrave évidemment les dégâts qu’ils peuvent causer aux oiseaux puisqu’ils les surprennent souvent pendant leur sommeil.

« C’est la nature ! Les chats sont des prédateurs ! » entend-on souvent.
Au risque de surprendre plus d’un propriétaire de chat, cet argument n’est pas du tout exact.
Les chats, certes, chassent mais ils ne sont cependant pas à considérer comme des prédateurs.
Un prédateur s’inscrit dans un équilibre naturel de prédation et s’il ne chasse pas pour se nourrir, il meurt.
Les espèces prédatrices ont besoin de leurs proies pour survivre et leurs populations sont, si l’humain ne s’en mêle pas, en équilibre avec leurs proies. Si le nombre de proies diminue, les prédateurs diminuent également.
Il n’en est rien des chats puisqu’ils sont abondamment nourris et ne chassent pas par besoin mais mus par un vieil instinct gravé dans leurs gènes et même si leurs proies se raréfient, les chats peuvent continuer à se multiplier.
En ce sens, les chats sont bien à considérer comme des « chasseurs » voire comme des « invasifs » mais pas comme des « prédateurs » puisqu’ils se trouvent en dehors de ce cycle naturel.
Un peu comme nous les humains, en somme.

Chaque année, le nombre d’oiseaux tués dans le monde par les chats se chiffrerait en milliards et
il faut savoir que la présence d’un chat dans un jardin est généralement désastreuse pour la biodiversité. Vous n’y trouverez plus d’oiseaux, ni de hérissons, ni de reptiles, ni de batraciens, ni de chauve-souris, … le chat décimera tout ou fera tout fuir plus loin.
Le nombre des chats domestiques ne cessant de croître, Il est donc plus qu’important que leurs propriétaires prennent conscience de ce qu’ils font, les assument et les contrôlent.

Que faire alors ?


L’idéal est évidemment de ne pas les laisser sortir mais si l’on ne veut pas recourir à cette solution,
il faut, au moins, les empêcher de sortir la nuit ou en période de reproduction des oiseaux.
Leur mettre une clochette peut également être une solution puisqu’elle les empêchera d’attraper les oiseaux par surprise mais n’évitera malheureusement pas qu’ils aillent attaquer les nichées.
Faire stériliser les chats afin de freiner leur multiplication parait évidemment une mesure indispensable.

Les chiens


Les chiens sont beaucoup moins en cause dans les dégâts envers les oiseaux et ce pour plusieurs raisons :

  • Certaines races de chiens ont l’instinct de chasse mais beaucoup ne l’ont pas.
  • Chez nous, on ne rencontre pratiquement pas de « chiens errants » à l’inverse des chats. Ils sont donc, en principe, accompagnés et sous le contrôle de leurs maitres.
  • Les chiens ne sont pas particulièrement nocturnes.

Il arrive cependant que, si un chien se promène seul ou échappe à ses maîtres, il puisse aller fouiner dans un champ, un fossé ou un talus et y déloger ou même saccager des nichées d’oiseaux nicheurs au sol.
C’est le cas de nos oiseaux des champs : Alouettes des champs, Bruants jaunes, Caille des blés, Perdrix grises, … mais beaucoup d’autres espèces d’oiseaux nichent au sol.
C’est donc à ce niveau que le risque existe et il faut y penser lorsque l’on lâche son chien et être vigilant pour éviter qu’ils ne se livrent à ce genre de déprédations.

Je dirais, pour conclure, qu’il y a déjà tellement de pressions sur la faune sauvage qui nous entoure qu’il serait raisonnable de tout faire pour éviter ces dégâts supplémentaires.

Xavier Lebrun.