J'peux pas, j'ai mammo
Think Pink veut relancer le dépistage du cancer du sein
Le dépistage précoce du cancer du sein peut sauver des vies. Pourtant, en Wallonie et à Bruxelles, la participation au programme organisé de dépistage reste particulièrement faible. Avec sa campagne « J’peux pas, j’ai mammo », Think Pink appelle les femmes âgées de 50 à 69 ans à prendre rendez-vous pour un Mammotest.
Chaque année, plus de 11 000 personnes sont touchées par un cancer du sein en Belgique. Face à cet enjeu de santé publique, le dépistage joue un rôle essentiel : il permet de détecter une éventuelle tumeur à un stade précoce, parfois avant même l’apparition de symptômes.
Pourtant, le programme officiel de dépistage du cancer du sein peine encore à convaincre une grande partie des femmes concernées, particulièrement à Bruxelles et en Wallonie.
Des taux de participation très différents selon les régions
Selon les derniers chiffres disponibles pour 2023 de la Fondation Registre du Cancer, 49,7 % des femmes en Flandre ont répondu positivement à l’invitation des autorités pour bénéficier du dépistage gratuit.
À Bruxelles, ce taux s’établit à 9,3 %, tandis qu’il n’atteint que 4,3 % en Wallonie et en Communauté germanophone, selon les chiffres repris par Think Pink.
Ces chiffres sont très éloignés de l’objectif de 75 % de participation recommandé au niveau européen.
C’est dans ce contexte que l’organisation Think Pink a lancé la campagne « J’peux pas, j’ai mammo », destinée à sensibiliser les femmes de 50 à 69 ans à l’importance du dépistage organisé.
Le Mammotest, un examen gratuit tous les deux ans
Le Mammotest est une mammographie de dépistage proposée gratuitement tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 69 ans dans le cadre du programme organisé par les autorités régionales.
À Bruxelles et en Wallonie, les femmes concernées reçoivent une invitation les invitant à prendre rendez-vous dans une unité de mammographie agréée. En Flandre, l'invitation comprend une proposition de rendez-vous, qui peut être modifiée si nécessaire.
L'objectif du dépistage est notamment de détecter le cancer du sein suffisamment tôt pour permettre une prise en charge rapide.
Une détection précoce peut permettre, selon les situations, d'envisager des traitements moins lourds et d'améliorer les chances de survie.
Pourquoi privilégier le dépistage organisé ?
À Bruxelles et en Wallonie, de nombreuses femmes ont recours à un dépistage dit « opportuniste », c'est-à-dire réalisé en dehors du programme organisé par les pouvoirs publics.
Think Pink encourage toutefois les femmes concernées à participer au programme gouvernemental, notamment en raison de ses procédures de contrôle de qualité.
Le Mammotest bénéficie notamment d'une double lecture indépendante des mammographies : les images sont examinées séparément par deux radiologues spécialisés. En cas de doute, un troisième spécialiste peut être sollicité.
Autre avantage : la participation au programme organisé est gratuite pour les femmes concernées.
« Répondez positivement à l’invitation »
À travers sa campagne, Think Pink souhaite donc rappeler un geste simple : ne pas laisser l’invitation au dépistage de côté.
Pour les femmes âgées de 50 à 69 ans qui reçoivent une invitation, le message de l'organisation est clair : répondre à l’invitation, prendre rendez-vous et effectuer le dépistage.
Le dépistage ne remplace évidemment pas une consultation médicale en cas de symptôme ou de changement inhabituel au niveau du sein. Dans ce cas, il est recommandé de consulter un professionnel de santé sans attendre le prochain dépistage.
Un programme organisé par les Régions
En Belgique, l'organisation du dépistage du cancer du sein relève des Régions.
La Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale assurent notamment l'organisation pratique du programme, l'envoi des invitations, l'agrément des unités de mammographie et l'information du public.
Les femmes peuvent obtenir davantage d'informations auprès des organismes régionaux compétents :
Wallonie : Centre communautaire de référence pour le dépistage des cancers (CCR)
Avec « J’peux pas, j’ai mammo », Think Pink entend ainsi remettre le dépistage au centre des préoccupations des femmes de 50 à 69 ans et contribuer à augmenter la participation au programme organisé.
Un rendez-vous de quelques minutes peut constituer une étape importante dans la détection précoce du cancer du sein.