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Espèces des milieux aquatiques

Les animaux exotiques envahissants sont difficiles à maîtriser. Il n'existe pas de solution miracle pour réguler facilement leurs populations. Mais la plupart d’entre eux peuvent être combattus avec succès en utilisant des pratiques éprouvées et respectueuses du bien-être animal. Différentes actions préventives peuvent aussi être mises en œuvre pour éviter de favoriser leur prolifération…

Des populations très dynamiques 
Les populations d’animaux exotiques envahissants sont intrinsèquement difficiles à réguler. Ces espèces sont très prolifiques et produisent rapidement de nombreux jeunes. Elles compensent facilement les pertes liées aux prélèvements par l’homme par un accroissement de la fécondité et de la survie des individus restants. A titre d’exemple, une femelle de ragondin produit chaque année de 1 à 3 portées de 3 à 12 jeunes chacune, dès l’âge de 6 mois. Les animaux exotiques envahissant sont en outre très opportunistes. Ils s’adaptent facilement à différents environnements et tirent facilement profit des sources de nourriture d’origine anthropique (cultures, déchets ménagers, animaux d’élevage, etc.). Certaines espèces comme le xénope lisse ou le muntjac de Chine sont en outre très difficiles à détecter sur le terrain et se piègent difficilement.

Limiter leur prolifération 
Le nourrissage intentionnel des animaux exotiques envahissants est à proscrire dans la mesure où il favorise leur prolifération. En effet, les oiseaux ou les mammifères qui sont régulièrement nourris par l’homme améliorent de ce fait leur fécondité et leur survie hivernale.  

De la même manière, il y a lieu d’éviter le nourrissage accidentel de ces animaux en veillant par exemple à : 

  • nourrir les animaux domestiques à l’intérieur,
  • limiter le nourrissage artificiel des espèces gibier,
  • limiter l’accès aux composts et aux poubelles,  
  • rendre les nichoirs et les mangeoires inaccessibles par des dispositifs anti-grimpe,
  • protéger les poulaillers et les ruchers, etc.

Réguler leurs effectifs

Afin de limiter au mieux les nuisances causées par les animaux exotiques envahissants, il est souvent nécessaire de réduire leurs effectifs par différentes mesures de destruction. Le Règlement européen No 1143/2014 impose à chaque État membre de mettre en place des mesures efficaces de gestion à l’encontre de chaque espèce exotique envahissante préoccupante pour l'Union. Cette gestion doit être menée à l’aide de méthodes qui sont à la fois : peu dommageables pour la santé humaine, l’environnement et les espèces non visées, respectueuses du bien-être des animaux, de manière à leur épargner toute douleur, détresse ou souffrance évitable. L’arrêté du Gouvernement wallon du 15/09/2022 précise les moyens d’éradication et de capture qui peuvent être utilisés pour gérer les populations d’animaux exotiques envahissants. Ceux-ci comprennent notamment des armes de chasse, des pièges, des nasses, etc. 

Le Gouvernement wallon précise également que ces mesures peuvent être mises en œuvre par : le propriétaire/gestionnaire du terrain concerné, un agent spécialisé attaché au Service Public de Wallonie, au Centre wallon de Recherches agronomiques ou à la Sécurité civile, toute personne physique ou morale possédant des capacités techniques suffisantes et mandatée par ces organismes ou par le propriétaire du terrain.

Focus sur une espèce aquatique : le rat musqué

Le rat musqué (Ondatra zibethicus L.) est une espèce invasive originaire d’Amérique du Nord. Très envahissant et sans prédateur naturel significatif, il creuse ses terriers dans les berges des cours d’eau ou des étangs. Il est à l'origine de dégâts tels que des ruptures de digues, des déstabilisations de rives, … Pour se nourrir, il s’attaque à toutes les cultures riveraines ainsi qu’aux plantes aquatiques accentuant ainsi la diminution de biodiversité de zones humides déjà appauvries par ailleurs.