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Espèces des milieux terrestres

Les animaux exotiques envahissants sont difficiles à maîtriser. Il n'existe pas de solution miracle pour réguler facilement leurs populations. Mais la plupart d’entre eux peuvent être combattus avec succès en utilisant des pratiques éprouvées et respectueuses du bien-être animal. Différentes actions préventives peuvent aussi être mises en œuvre pour éviter de favoriser leur prolifération…

Des populations très dynamiques

Les populations d’animaux exotiques envahissants sont intrinsèquement difficiles à réguler. Ces espèces sont très prolifiques et produisent rapidement de nombreux jeunes. Elles compensent facilement les pertes liées aux prélèvements par l’homme par un accroissement de la fécondité et de la survie des individus restants. A titre d’exemple, une femelle de ragondin produit chaque année de 1 à 3 portées de 3 à 12 jeunes chacune, dès l’âge de 6 mois. Les animaux exotiques envahissant sont en outre très opportunistes. Ils s’adaptent facilement à différents environnements et tirent facilement profit des sources de nourriture d’origine anthropique (cultures, déchets ménagers, animaux d’élevage, etc.). Certaines espèces comme le xénope lisse ou le muntjac de Chine sont en outre très difficiles à détecter sur le terrain et se piègent difficilement.

Limiter leur prolifération

Le nourrissage intentionnel des animaux exotiques envahissants est à proscrire dans la mesure où il favorise leur prolifération. En effet, les oiseaux ou les mammifères qui sont régulièrement nourris par l’homme améliorent de ce fait leur fécondité et leur survie hivernale.  

De la même manière, il y a lieu d’éviter le nourrissage accidentel de ces animaux en veillant par exemple à : 

  • nourrir les animaux domestiques à l’intérieur,
  • limiter le nourrissage artificiel des espèces gibier,
  • limiter l’accès aux composts et aux poubelles,  
  • rendre les nichoirs et les mangeoires inaccessibles par des dispositifs anti-grimpe,
  • protéger les poulaillers et les ruchers, etc. 

Focus sur une espèce terrestre : le raton-laveur

En pleine expansion en Wallonie, le raton laveur, malgré sa bouille sympathique, occasionne de nombreuses nuisances nocturnes, sanitaires et matérielles en s'installant près des habitations, où il pille les ressources et peut transmettre de graves maladies à l'homme et aux animaux. Le nourrir est une fausse bonne idée : cet apport d'aliments inadaptés provoque des risques d'obésité et de blessures chez l'animal, stimule artificiellement une surpopulation urbaine propice aux épidémies, et augmente l'agressivité ainsi que les intrusions dans les maisons. Pour cohabiter sans ennuis avec cette espèce autonome, il est essentiel de couper tout accès à la nourriture et aux abris en adoptant des mesures préventives simples, telles que sécuriser les poubelles et les poulaillers, bloquer les chatières la nuit, installer des dispositifs anti-escalade ou encore suspendre hors de portée les mangeoires pour oiseaux.

Réguler leurs effectifs

Afin de limiter au mieux les nuisances causées par les animaux exotiques envahissants, il est souvent nécessaire de réduire leurs effectifs par différentes mesures de destruction. Le Règlement européen No 1143/2014 impose à chaque État membre de mettre en place des mesures efficaces de gestion à l’encontre de chaque espèce exotique envahissante préoccupante pour l'Union. Cette gestion doit être menée à l’aide de méthodes qui sont à la fois :  peu dommageables pour la santé humaine, l’environnement et les espèces non visées, respectueuses du bien-être des animaux, de manière à leur épargner toute douleur, détresse ou souffrance évitable. 
L’arrêté du Gouvernement wallon du 15/09/2022 précise les moyens d’éradication et de capture qui peuvent être utilisés pour gérer les populations d’animaux exotiques envahissants. Ceux-ci comprennent notamment des armes de chasse, des pièges, des nasses, etc.